Site officiel de la Commune de Géronce

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Ca s'est (peut être?) passé près de chez nous !

Une fois n'est pas coutume, nous rendrons aujourd'hui hommage à Joëlle DAVOUS, personnage aussi exceptionnel que méconnu.

Née à Géronce un premier Avril (par galanterie, nous nous garderons de préciser l'année), aînée d'une famille d'un seul enfant, ce petit bout de bonne femme, montre dès sa tendre enfance des qualités exceptionnelles. A peine âgée de 6 ans, elle a l'idée de mélanger de l'eau froide à l'eau trop chaude de son bain, inventant ainsi l'eau tiède. Hélas, elle n'a pas le réflexe de déposer un brevet et cette trouvaille restera définitivement sans créateur.

A 12 ans, en vacances chez ses grands parents à Mende (48) elle projette de remonter la Lozère jusqu'à sa source. Seule, après un mois de préparation, elle y parvient équipée d'un simple bâton, d'un canif et d'une paire de pataugas. Rappelons quand même qu'elle est à ce jour la seule à avoir réalisé cet exploit. Il faut certainement y trouver la naissance de sa passion pour l'exploration, et c'est tout naturellement qu'elle décide alors d'être la première à voir les pyramides de Malpighi, dont on dit que personne n'a jamais pu les contempler directement. Soutenue par ses parents dans cette aventure et malgré 6 tentatives consécutives, elle n'y parviendra pas.

Marquée par cette épreuve, elle choisit cependant de ne pas rester sur un échec et entreprend alors de traverser la « Mer de la Tranquillité » en solitaire et sans escale. Elle y parvient en 29,5 jours, et là encore sera la première (et toujours la seule) à réaliser cette prouesse.

Toujours à le recherche du dépassement de soi, elle s'attaque à un nouveau défi, et c'est ainsi que le 01/10/1978, sous le contrôle de maître FOLACE, elle pulvérise le record de la minute de silence en cumulant 3660 secondes de 02h00 à 02h01. Galvanisée par cette spirale glorieuse, elle s'attaque au record de l'heure, et le premier Avril suivant, date on le rappelle de son anniversaire, toujours en présence de maître FOLACE, elle boucle l'heure 02h00 à 03h00 en 0 heure, 0 minute, 0 seconde !Inutile de rappeler que personne, depuis, n'a fait mieux et que ce record n'est pas prêt d'être battu.

Peut-être parce qu’elle tient à prouver que ce corps sain héberge un esprit sain, elle donne ensuite une orientation beaucoup plus intellectuelle à sa vie. Elle a eu l'occasion, pour préparer ses périples, de consulter de vieux ouvrages dans les bibliothèques. Elle s'éprend de ces lieux, havres de calme et de sérénité, devenant une chercheuse redoutable, dénicheuse de pièces uniques. C'est ainsi que lors d'un séjour à Troyes, elle découvre chez un bouquiniste un exemplaire exceptionnel de la première édition de « L'Iliade » dédicacé par l'auteur. Elle en fait aussitôt l'acquisition, avec l'intention de créer un musée où seraient regroupées de telles curiosités.

Gagnée par cette belle réussite, elle passe désormais des journées entières à traquer dans de vieux documents les traces d'écrivains célèbres. Ayant eu accès aux archives de l'évêché de Tours, elle retrouve la trace du prépuce de George SAND, et parvient à persuader la famille de le lui céder pour enrichir la collection de son musée.

Cette fouineuse impénitente mettra à jour, à force de patience et avec une ténacité féroce, les échanges de courriers fort peu sympathiques qu'échangèrent Émile AJAR et Romain GARY alors que le premier accusait le second de l'avoir plagié sans retenue. Ces lettres étaient accompagnées de l'éloge funèbre prononcé par GARY au décès d'AJAR, écrit de la main de l'auteur, établissant ainsi que la querelle avait fini par s'éteindre.

C'est certainement parce qu’elle est à mi chemin entre la littérature et le spectacle qu'elle est contactée par de grands artistes reconnus. C'est tout d'abord le mime MARCEAU qui lui demande de traduire son show lors de la tournée qu'il effectue aux USA. Devant le succès de cette entreprise, le 7° art lui fait les yeux doux, et elle sera doublure lumière de « l'homme invisible » d'Edgar ULMER. Elle atteindra le sommet de la maîtrise de son art en écrivant les dialogues du film « The artist ». Joëlle DAVOUS restera cependant marquée par ce qu'elle considère comme un échec personnel : ce film obtiendra 53 prix, dans les festivals les plus renommés, mais aucune récompense pour les dialogues, pas même une nomination.

C'est probablement cette amertume qui l'a entraînée vers son combat actuel. Féministe convaincue, francophone acharnée, elle milite activement contre la masculinisation du vocabulaire et l'emploi beaucoup trop fréquent de termes anglophones. Elle a rédigé à la demande de l'Académie Française un rapport proposant la modification d'un certain nombre de mots. Elle préconise de remplacer chaque fois que cela sera possible « man(e) » par femme au féminin et homme au masculin. Ainsi il ne faudrait plus dire une mythomane, mais une mytho femme, un mythomane mais un mytho homme. Les adjectifs devraient également être modifiés : un travailleur hommeuel, une travailleuse femmeuelle.


Vous admettrez qu'un tel personnage méritait une attention particulière. Et pourquoi ne pas envisager une commémoration atypique pour un destin aussi atypique ? Il se pourrait que le 14 Mai prochain, à l'occasion du vide grenier organisé à Géronce, vous l'aperceviez chinant à la recherche de quelque objet extraordinaire. Si tel est le cas, je vous propose d'organiser en son honneur une minute non pas de silence, mais de brouhaha, autour de la buvette.



Incroyable, non ?


Screwy

Vous le savez désormais, Géronce est un lieu un peu particulier qui a vu se réaliser de grandes premières. Ses habitants, attachés à leur tranquillité, ont simplement préféré que d'autres s'attribuent leurs succès. Aujourd'hui, nous nous contenterons juste de vous soumettre un échange de correspondance entre François de Révol, qui fut évêque d'Oloron et Joseph Mongolfier à Annonay. Ces lettres montreront que de petites causes peuvent avoir de grands effets.



A Monsieur Joseph Montgolfier

Oloron, le 20 Octobre 1781


J'ai reçu de vous, et je vous en serai toujours reconnaissant, cette lunette dont vous m'expliquez qu'elle permet d'observer le ciel. Vous ne sauriez imaginer quel prodige elle m'a fait découvrir, le lendemain même de la dernière fête de Saint Grat. Vous voudrez bien avoir la bonté de ne pas lier ces deux événements, ne voyant là que les effets délétères qu'auraient pu avoir sur mon jugement les conséquences de quelque abus de boisson.

Alors que je prenais un repos, qu'à la vérité je pense bien mérité, dans ma résidence de Moumour, je réglais mon appareil en surveillant des volées de pigeons que mes paroissiens nomment ici palombes et dont ils sont particulièrement friands. Ces volatiles ne sont pas des plus bruyants, aussi étais-je fort surpris de les entendre crier. Je redoublais donc d'attention, surveillant plus particulièrement la partie supérieure du cours d'eau qui passe au pied de ma terrasse. Croyez, mon fils, que ce que je vis me fit d'abord croire que la folie m'avait gagné, à moins qu'il ne s'agisse des premiers signes de faiblesse liés à mon grand âge. Là, presque sous mes yeux, j'aperçus une créature qui me parut être un jeune garçon, traversant le ciel, pendu à un grand drap blanc gonflé par le vent.

Je ne rêvais pas, puisque, à côté de moi, l'abbé B. confirmait ce que je lui détaillais. L'enfant volant venait vers nous, poussé par un vent léger, et, si l'on interprétait bien ses hurlements, il était aussi effrayé que nous étions subjugués.

Comme il perdait de la hauteur, il était maintenant au niveau du toit de notre modeste demeure, et passait au dessus de l'étang derrière notre terrasse. Soit qu'il fut épuisé ou pris d'une belle idée, il lâcha une main, laissant ainsi sa voilure s'ouvrir, et se posa sans dommage au milieu de l'eau. Il faut dire que ce chenapan était aussi maigre et léger qu'un fétu de paille,

Vous réaliserez sans peine que nous lui demandâmes alors par quel miracle il s'était trouvé ainsi entre terre et ciel. Sa réponse devrait agiter votre imagination, vous que je sais curieux des mystères de la nature.

Il habitait à peine à une lieue d'ici, à Géronce, petit bourg dont les habitants ont conservé une certaine rugosité vis à vis des puissants. Je ne serais point surpris que certains sachent lire et connussent Jean-Jacques Rousseau. Sa mère l'envoyait régulièrement reprendre le linge mis à sécher le matin même. Plus enclin à jouer qu'à écouter les recommandations familiales, il avait pris l'habitude saugrenue de faire un feu au dessus duquel il avait prétention de tendre un drap mouillé. Par je ne sais quel effet, le drap se gonflait et notre garnement en agrippait les quatre coins dans ses mains. Il était alors emporté par cette voile vers le firmament. Ce jour là, pour sa plus grande confusion, une rafale de vent un peu plus violente l'avait fait s'élever plus haut qu'à l'ordinaire, si bien qu'il n'osa ouvrir ses menottes d'enfant, de peur de se rompre le cou, avant que de nous apercevoir.

Je le renvoyais chez lui, avec quelques menues piécettes, car à la fin, son histoire nous avait bien distrait. Il était inutile de le punir : la frayeur qu'il avait connue saurait désormais le tenir à l'écart de nouvelles expériences.

Voyez mon cher Joseph, combien les loisirs dans nos provinces nous font nous émerveiller du moindre incident.

Sachez que j'aurai plaisir à avoir prochainement de vos nouvelles, et vous priant d'adresser toutes les respectueuses salutations à vos vénérables parents, je reste votre dévoué


François de Révol, Évêque d'Oloron par la grâce de Dieu



La lettre suivante fut adressée d'Avignon où Joseph Montgolfier séjournait provisoirement.


A Monseigneur François de Révol

Avignon, le 30 Novembre 1782



Monseigneur,


Voyez par cette lettre la réponse à l'amitié que vous avez la bonté de me témoigner. Depuis bientôt un an, vous avez provoqué en moi une saine curiosité, et par votre intercession, le monde ne sera plus jamais le même.

Par votre lettre, voilà plus d'un an, vous aviez enflammé mon imagination. Depuis avec Etienne, mon frère et votre filleul, nous n'avons eu cesse de comprendre ce prodige. Nous avons œuvré à le reproduire, et je dois vous confesser que nos parents, qui voient en vous un véritable directeur de conscience, se montrent inquiets de nos expériences.

Il nous est tout d'abord apparu comme une évidence que le phénomène qui permet à une voile de s'élever s'explique par le fait que l'air chaud, plus léger que l'air froid, s'élève. Il convenait donc de conserver séparées ces deux masses d'air. Je sais votre peu de goût pour la science, aussi je me garderai de m'étendre sur les détails.

Qu'il me suffise de vous préciser que depuis ce mois, nous avons réussi à créer une forme de ballon qui garde captif l'air chaud et que nous projetons de nous élever prochainement dans les airs à l'aide de cette machine merveilleuse qui vous doit tant.

L'homme, à l'égal de l'aigle, peut désormais voler, et se comparer à Icare.

Sachez que Sa Majesté se montre intéressé par ce véhicule, et que nous ne désespérons pas de le lui présenter prochainement. Nous avons également reçu la visite de tous jeunes gens qui rêvent de reproduire le vol du sauvageon de votre diocèse. Hier encore, nous avions à nos côté le jeune André Garnerin, qui, à peine âgé de 13 ans voulait quitter sa famille pour se joindre à nous. La sagesse dont il fait preuve à son âge porte à croire qu'il ne connaît ni Jean-Jacques, ni Voltaire !

Voyez donc que je n'ai aucunement exagéré et comme votre témoignage a étendu notre royaume puisque nous ne sommes plus limités à nous déplacer uniquement au sol.

Je ne désespère point de venir sous peu vous rencontrer et vous présenter notre merveilleux objet après que nous l'aurons dévoilé au Roi, et nous ne manquerons pas de Lui faire savoir vos mérites dans cette découverte.

C'est avec cette espérance que je sollicite votre bénédiction,

Votre éternellement dévoué


Joseph Montgolfier.


Voilà, vous le savez maintenant, la montgolfière a été inventée, certes de façon empirique, à Géronce, même si d'autres s'en attribuent le mérite. Il me reste à ajouter que le jeune géronçais, à l'origine de cette aventure resta très attiré par les ballons, et il servit15 ans plus tard dans le corps des aérostiers, sous les ordres d'André Garnerin. Ce dernier effectua le premier saut en parachute en 1797, prétendant en être l'inventeur, laissant notre jeune Béarnais dans l'ombre. Quand je vous disais que nous étions attachés à notre tranquillité....


Incroyable, non ???


Screwy

Nous nous en doutions un peu il faut le dire, et c'est désormais une certitude : si Géronce apparaît peu dans l'Histoire, c'est un choix délibéré de ses habitants. Des faits ont été portés récemment à notre connaissance à l'occasion de l'étrange visite d'un vieil homme. Il déclarait être en possession d'un grand nombre de cahiers, livres, parchemins et autres palimpsestes rédigés au fil des siècles par sa famille, originaire du village. Tous ces documents tendraient à prouver, d'après lui, que des pages des plus importantes de notre passé ont été tournées si ce n'est à Géronce, tout du moins grâce à Géronce, ni plus, ni moins !!!
Comme je lui faisais part de mon étonnement devant de telles révélations, il s'assit posément sur la chaise qui me faisait face, sortit calmement du cartable qui l'accompagnait un cahier bleu aux pages visiblement jaunies, et le tapotant énergiquement, il me fit le récit suivant. 

« Jeune homme (je mesurais instantanément la sincérité de mon interlocuteur), grâce au témoignage de mon aïeul, je vais nous transporter il y a un peu plus de 200 ans, à la fin du mois de Février 1814.
Le jour n'est pas encore levé, et le chemin à la sortie du village sur la route de Bayonne est verglacé. Malgré l'heure matinale, deux silhouettes s'avancent avec prudence, visiblement aux aguets. Le plus grand boîte bas, il s'appuie sur le second dont les yeux sont couverts d'un bandeau. Sous leurs capotes grises, ils portent ce qui semble un uniforme qu'un observateur avisé reconnaîtrait comme celui de voltigeurs du 25° régiment d'infanterie légère. Un observateur avisé et originaire de la Vallée constaterait  quant à lui que la grande carcasse claudicante est celle de François MESSONNIER, natif de Géronce. Voilà plus de 10 ans qu'il est soldat, il a connu les champs de bataille d'Iéna, Eylau ou Wagram. Voilà bientôt 6 mois que les troupes Anglo-Hispano-Portugaises de Wellington remontent d'Espagne et de combats en retraites, d'escarmouches en embuscades, elles sont arrivées jusqu'à Bayonne. En face, le maréchal Soult a décidé de fixer sa ligne de défense sur le Gave d'Oloron. Et voilà comment  François s'était retrouvé avec son régiment à défendre Navarrenx, à quelques kilomètres de chez lui.
Il est inquiet pour sa famille, car les troupes espagnoles de Morillo qui occupent le secteur, n'ont pas bonnes réputation, aux dires même de leur général. Aussi, lorsqu'il est blessé le 27, à Orthez, il n'hésite pas. Plutôt que de chercher à gagner l'ambulance, il va tenter de rentrer chez lui où saura bien mieux le soigner. Et lorsque sa route croise celle de Martial BONNAVENT, compagnon de régiment qui a perdu la vue à la suite d'un choc, il le persuade qu'en joignant leurs infortune, le boiteux guidant l'aveugle, ils auront plus de chance de s'en sortir auprès de sa famille.
Et effectivement, les soins prodigués par Rose, la cadette de la famille, ont vite fait de rétablir François. Pour Martial, elle concocte un onguent dont elle a le secret. Elle l'applique sur un foulard qu'elle a elle-même confectionné. Elle y brode les éléments d'un jeu fort en vogue à l'époque, le jeu « des dames blanches et de l'omnibus ». Il faut croire que le remède est assez efficace, pour qu'au mois de Juillet Martial puisse avoir retrouvé la vue et rentrer chez lui. L'histoire ne dit pas ce que fut leur relation, sachez simplement que le jeune homme conserva toute sa vie ce foulard sur lequel, allez savoir pourquoi, la jeune fille avait rajouté l'initiale de son prénom et les trois premières lettres de son nom. 

Peu avant de mourir en 1887, a plus de 90 ans, Martial qui était un rien mystique fit déposer un testament chez son notaire, à charge pour lui de le remettre à l'aîné de ses descendants cinquante ans plus tard. C'est ainsi que la petite fille de son petit fils reçut un jour un paquet contenant un foulard et quelques papiers. Elle en fit part à son mari, riche bourrelier qui fabriquait aussi des sacs et voilà comment un foulard, désormais célèbre dans le monde entier a vu le jour à Géronce. » 

Arrivé à ce stade du récit, je n'étais pas sûr d'avoir tout compris. Comme j'en faisais la remarque à mon interlocuteur, je le vis s'agacer. 

« Mais bougre de …...... (il employa un terme que mon amour propre se refuse à retranscrire) !! Un foulard, 1937, jeu de l'omnibus et des dames blanches, les initiales brodées : le carré Hermès était né !!! » 

Incroyable non ???

Screwy

Février marque le retour du tournoi des désormais 6 nations. Comme je demandais à mon nouvel interlocuteur s’il aimait le rugby, il me fit une étrange réponse :

–                    « Connaissez-vous la soûle?

–                    Je pense que nous sommes assez proche de cette province basque pour que je la situe.

–                    Votre manque de réflexion me fait immanquablement penser à un miroir en bois !! Je vous parle de la soûle, avec un accent circonflexe, la choûle comme on dit dans le nord.

–                    Quel rapport avec le rugby ?

–                    Nous y voilà, mon jeune ami (décidément, j'aimais bien cette expression). La soûle est en quelque sorte l'ancêtre du rugby, pratiqué dès le moyen âge dans toute la France, on en parle même dans le « Roman de Renart », c'est dire. Il paraît même qu'il vient de l'haspartum romain. Les villageois la pratiquaient avec une vessie de porc gonflée ou parfois une botte de paille. On dit  que les gueux pratiquaient ce jeu, on ne parlait pas encore de sport, pour imiter les tournois des chevaliers. Il y avait si peu de règles que le roi Philippe le Long prit une ordonnance royale pour l'interdire.

Malgré tout, les villes, les villages continuèrent à s'affronter dans des luttes terribles, où tous les coups étaient permis. Chacun choisissait un symbole, souvent un animal, censé représenter son origine. C'est ainsi que les Bordelais, pensant qu'il suffisait d'habiter une grande ville pour être supérieur aux autres optèrent pour un lion. Les Tarbais, descendant de leurs montagnes se voyaient en ours, les Mauléonais, dont les fortifications étaient cernées d'épaisses forêts, en sanglier. La suffisance des Palois, dont la cité n'était pas encore royale, ne pouvait qu'être représentée par un aigle, les Géronçais quant à eux, plus modestes, voyaient en l'abeille la parfaite illustration de leurs qualités, privilégiant la force du groupe à celle de l'individu, respectant le travail des autres, et sachant piquer quand il le faut. Leurs couleurs seraient donc noir et or.

Nous sommes alors en pleine guerre de cent ans, l'Aquitaine est partiellement occupée par les Anglais, qui veulent bien apprendre à jouer, mais à condition de gagner. Ils vont donc s'appliquer à codifier des règles plutôt obscures, qu'ils vont imposer à toutes les équipes et qu'ils se donneront le droit de changer quand bon leur semble. Comme le stratagème est jugé peu glorieux, ils inventent une expression pour le rendre plus acceptable, voilà comme est né le « Fair Play ».

Les années, les siècles, passent, le jeu se civilise et devient un véritable sport. Nos britanniques amis l'exportent à leur tour vers leurs colonies, notamment la Nouvelle Zélande, l'Australie et plus tard l'Afrique du Sud. Les Néo Zélandais, à la fin des années 1890, veulent affirmer leur différence, et rêvent de pouvoir battre sur leur terrain les Anglais. Ils envoient donc une mission secrète en France : ils ont trouvé un endroit à la fois éloigné des grandes villes et où se pratique un rugby de qualité, respectant leurs valeurs. Vous l'aurez deviné, c'est ici, à Géronce, qu'ils vont se former. L'expérience est tellement profitable, qu'ils demandent comme une faveur de pouvoir adopter nos couleurs noir et or (jusque là ils jouaient en bleu et blanc), ce qui leur fut accordé.

–                    Mais leurs maillots sont entièrement noirs.

–                    Et oui, nous avions convenu de leur faire parvenir les ingrédients nécessaires à la teinture recherchée : carottes, peau d'oignon, et surtout graines de courges de la vallée. Nous avions affrété un bateau au départ de Bayonne, le « Pitalugue », un magnifique cargo à vapeur construit à Marseille. Malheureusement, à la suite d'une avarie d'hélice, il arriva trop tard pour faire confectionner les nouveaux maillots qui seront donc désormais unicolores. Mais pour marquer leur attachement éternel à notre commune,  ils apposèrent sur leur poitrine un symbole omniprésent chez nous : une feuille de fougère.

Ils purent ainsi étrenner leurs nouvelles couleurs lors de la tournée triomphale qu'ils firent en Europe en 1905, où ils battirent l'Angleterre 9 – 3, et au cours de laquelle naquit leur réputation et leur légende »

Incroyable, non ???

Screwy